Quand la grossophobie n’est plus une affaire de personne grosses…


Je suis une femme grosse.

Je me bats activement contre la grossophobie depuis maintenant 3 ans. Réseaux sociaux, médias, enweille, toute la patente.

Et dans une grande majorité de cas, le monde s’en sacre des personnes grosses dans l’affaire Maxi, Martin Matte et le fat suit.

La grossophobie, c’est aussi préférer se faire dire par des personnes non-concernées (mais, dans ce cas-ci, des alliés fidèles), ce qui va pas. Les (excellentes) publications de d’allié(e)s non-gros(ses) ont fait 3 fois le tour du web, pendant que celles des grosses personnes traînent dans le tréfonds du net.

Les allié(e)s se sont pris tellement de haine et de violence, c’est ridicule.

Pendant ce temps, les personnes grosses concernées se prennent de l’indifférence.

Pourquoi on prête plus d’importance aux discours alliés dans ce cas-ci ?Parce qu’on les trouve plus crédibles ? Moins « aveuglé(e)s » ? Fouille moé.

C’est la « journée de lutte à l’obésité » all over again.
On parle des gens gros, mais on ne les invite pas à la discussion.

On est tellement rendu(e)s loin à ne prêter aucune crédibilité aux grosses personnes. Il y a au moins un animateur (que je nommerai pas) qui a préféré interviewer une personne mince (alliée, je dois le dire) plutôt que d’interviewer une personne grosse pour avoir son avis sur la question. Alors que ladite personne lui avait recommandé d’interviewer une personne grosse bien – voire mieux ? – renseignée sur la question.

Les femmes grosses que je connais se font traîner dans la bouette par leurs propres réseaux, par leurs familles et leurs ami(e)s, n’osent pas parler – même partager – de l’affaire, complètement à boutte de se faire invalider à coups de so-called 2e degré, de « c’est juste une joke » et de « chu gros(se) pis je l’ai ri ». (Je l’ai appris quand j’ai réalisé que j’avais le privilège de n’avoir personne dans mes contacts qui oserait s’essayer à m’invalider sur ces choses-là au risque de se prendre un char de schnoute.)

La liberté d’expression? Y’en a pas quand on apprend qu’il y aurait possiblement eu une attaque informatique sur le site web du Nutritionniste urbain, suite à sa publication. La liberté d’expression si souvent évoquée ici s’apparente plus à une liberté d’oppression.

Faque. Merci pour les ceuzes qui prennent position. Qui invitent les gens à repenser leur humour, leur biais, pis tout.

N’oubliez pas de faire un gros hug (en virtuel, distanciation oblige) aux fatties qui vous entourent, OK ? Vous n’avez pas idée des journées, de la haine, des triggers pis de la peine auxquels ces personnes là ont été exposées depuis jeudi matin.


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